Maisons Sin'Doreis sur le Culte de Rive Noire Index du Forum
Maisons Sin'Doreis sur le Culte de Rive Noire Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

[Récit] Naissance dans les flammes.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Maisons Sin'Doreis sur le Culte de Rive Noire Index du Forum -> Lune-d'Argent -> Bibliothèque publique
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Salartel Brise-Soleil
Maison Celwë'Belore

Hors ligne

Inscrit le: 19 Avr 2015
Messages: 125
Niveau:
Classe: Démoniste

MessagePosté le: Lun 6 Juil 2015 - 20:05    Sujet du message: [Récit] Naissance dans les flammes. Répondre en citant

Naissance dans les flammes.



Le manoir de la Maison Celwë Belore était indéniablement une sublime construction qui trônait fièrement au cœur de la majestueuse Lune d'Argent.

Nombreux étaient les visiteurs à admirer l'architecture si particulière des sin'dorei, et ce manoir était un exemple parfait du savoir-faire de ce peuple.
D'ailleurs, en cet instant même quelques personnes -roturiers comme gens de haut-rang- semblaient échanger quelques amabilités devant les portes du bâtiment.

Une haute silhouette élancée aux habits et aux longs cheveux sombres, s'avançait vers eux d'un pas hasardeux. Le son des voix qui provenaient du manoir semblèrent l'y attirer. Sa vision embrumée l'empêchait de voir clairement qui se trouvait là, à seulement quelques pas de lui. Il s'approcha encore, lentement, péniblement, du manoir devant lequel se trouvait son salut. Et alors qu'il entre-aperçut enfin la forme du capuchon si particulière d'un certain Magistère, il trébucha et roula sur les quelques marches menant à la majestueuse demeure, marquant sa peau d'un pâle olivâtre de quelques bleus.

Alors qu'il était au sol, il sentit plusieurs personnes s'agglutiner autour de lui, ce qui ne manqua pas de l'inquiéter. Une seule personne était nécessaire, voulu t-il dire, mais pas un mot ne sortit de ses lèvres desséchées par la soif. Une voix féminine particulièrement irritante lui vrilla les tympans et amplifia ses maux de tête déjà douloureux, il reconnut aisément la vulgaire demi-elfe, si il était en état il n'aurait pas manqué de lui envoyer une pique acérée quant à sa présence dans leur ville, mais sa forme actuelle ne le lui permettait guère ce petit plaisir.
Il pensa également déceler la voix du jeune Tolismir dans tout ce brouhaha. Mais il ne put en être certain.

Quelqu'un le toucha, presque immédiatement, le démoniste attrapa le Magistère par son col -il l'avait reconnut à sa voix, sa vision floue l'empêchait de discerner clairement les visages des elfes autour de lui- il le supplia de l'aider, du moins c'est ce qu'il pensait, car en réalité il alignait des mots sans aucun sens ou presque.
Le sin'dorei en armure de Chevalier de Sang intervint, une vive Lumière qui était censée guérir ses plaies, toucha le démoniste qui hurla de douleur et s'évanouit.






Salartel Brise-Soleil ouvrit péniblement les yeux, il semblerait qu'il ait été transporté jusqu'au Boudoir Enchanté si il en jugeait par la dose élevée d'arcanes dans l'air. Il tenta de se redresser, mais ses blessures l'en empêchèrent, il resta donc allongé, à tenter de réguler son souffle erratique. Comment l'unique mouvement qu'il avait tenté d'exécuter avait-il pu être aussi épuisant ? Et comment des plaies, à la base si fines, pouvaient causer une douleur si vive ? Combien de temps avait-il été inconscient ?

Comme si cela n'était pas suffisant, cette chaleur...cette chaleur si intense qui lui ravageait chaque cellule de son corps était insupportable. Sa vision était troublée par la fièvre. Son palais, aussi sec que du vieux parchemin, l'irritait...et enfin, il ne percevait que des silhouettes floues s'activer autour de lui. Il ne les reconnaissaient qu'à leurs voix, Horemakhet Né-du-Soleil, ainsi que Tolismir Heurtesoleil, la troisième voix lui était presque inconnue, il crut l'avoir vaguement entendu une fois ou deux.

-Alenzanar, empressez vous d'aller quérir un peu d'eau pour désaltérer ce malheureux. Fit le Magistère.
-Ne pouvez vous pas en invoquer ? Vous êtes un mage après tout. Répliqua la troisième voix.
Salartel crut voir le mage se tourner vers celui qui se nommait Alenzanar, un sin'dorei aux traits fins et à la longue tignasse rousse, d'après les vagues souvenirs du démoniste.
-Le temps n'est pas aux sarcasmes, et je dois m'occuper de Salartel. Rétorqua Horemakhet d'un ton sec.
Le blessé n'eut pas le loisir d'entendre la suite, il senti une paire de main gantées de plaques lui saisir sa robe, un bruit de tissu déchiré emplit la pièce le laissant en chemise et en pantalon sur le lit. Mais bientôt, la chemise connue le même sort que la robe et termina en morceaux, montrant aux sin'dorei les bandages souillés et puants qui entouraient ses blessures. Délicatement, quelqu'un retira les bandes. L'odeur de l'infection s'échappa aussitôt pour emplir les narines des elfes. Salartel perçut vaguement le mouvement de recul d'Horemakhet.
-...Bon sang, cela risque de dépasser mon domaine de compétence. S'exclama Tolismir lorsqu'il vit l’étendue des dégâts.
On dirait même que mon soin dans la rue n'a eu strictement aucun effet. Rajouta t-il.

Le chevalier de sang, ainsi que le Magistère échangèrent quelques paroles dont Salartel ne comprit que la moitié. Il cru entendre les mots « assassins », « poison » ainsi que « arme ensorcelée », mais sans en avoir la certitude.
Cependant, il n’eut aucun mal à interpréter le ton de leurs voix. Ils étaient inquiets, et intrigués par ces plaies.

Salartel sentit ses yeux le brûler, son regard vert serti de mauve et de noir, croisa celui du Magistère et bien qu'il ne distinguait pas ses traits à cause de son capuchon et de sa fièvre, le démoniste le savait très soucieux. Alenzanar, se trouvait trop loin de sa vue floue pour qu'il distingue clairement ses traits. Il redressa péniblement la tête et aperçut une masse rousse et décoiffée, sans doute la chevelure de Tolismir, penchée au dessus de son torse.
Le démoniste sentit une amélioration notable de son état, finalement, peut être que les soins prodigués par le Chevalier de Sang avait eut un effet. Néanmoins, la chaleur intense et la douleur étaient encore présentes.

D'une voix lente et traînante, Salartel demanda :
-Je...de l'eau.
Rapidement, une cruche remplie d'eau apparut dans les mains de celui qui se nommait Alenzanar, il la passa à Tolismir, ce dernier aida Salartel à boire. Et bien qu'il ait horreur d'être assisté, le démoniste ne put qu'être reconnaissant envers ces trois sin'dorei qui tentaient de le sauver d'une mort probable.
-M...merci. Chuchota Salartel.
-...En plein dans Lune d'Argent...c'est impensable. Marmonna Horemakhet. Même absurde.
-Certes. Sauf si l'assassin est un sin'dorei. Et qu'il est particulièrement doué.
-Des assassins incroyablement doués, voilà une espèce prolifique ces derniers temps. Continua le Magistère.

-Salartel, quel était le nom que vous avez prononcé tout à l'heure ? Questionna Tolismir en se redressant.
-Je...c'était une mercenaire. Dit-il très bas, sans doute trop pour que les trois autres l'entende. Un silence tomba sur la pièce sombre, chacun semblait plongé dans ses pensées.
Un soupir s'échappa de derrière le capuchon d'Horemakhet.
-Nous verrons cela plus tard. Tolismir, faites au mieux.
Tolismir hocha la tête, ses traits prirent un air sérieux et concentré tandis qu'il imprégnait ses mains de Lumière tout en regardant les plaies infectées de son camarade. Bientôt, les blessures furent à nouveau frappées par la magie « blanche » du Chevalier de Sang, arrachant un cri de douleur au démoniste qui se cambra sur le lit.
Salartel supposa que la magie attaquait un peu trop rudement l'origine de l'infection, ou que la magie gangrenée qui coulait dans ses veines n'était pas compatible avec la Lumière, car jamais encore il n'avait souffert à son contact.
Tolismir s'excusa brièvement du mal qu'il lui causait, puis se pencha sur son torse. Il ne nota pas d'amélioration visible.

-Je ne peux rien faire de plus. Marmonna le soigneur de fortune d'un air un peu déçu.
-Vous avez fait de votre mieux. Fit Alenzanar.
Quand il fut certain que le Chevalier de Sang eut terminé son œuvre, Salartel tenta de se remettre correctement sur le lit -non sans grimacer de douleur- puis reprit la parole :
-Dans mon sac...il y'a une dague avec un emblème sur sa garde. Souffla t-il d'une voix faible. Prenez la mais ne...attention à la lame.

Tolismir s'empressa de fouiller dans son sac, Horemakhet quant à lui s'approcha du Chevalier de Sang.
-Ah, je l'ai !
-Hm...il semblerait que la thèse de l'assassinat s'étaye. Marmonna le Magistère.
Le Chevalier de Sang se tendit, il jeta un coup d'oeil au néantomancien ainsi qu'au mage, puis il repassa sur le blessé.
-Je vais vous laisser. Continuez de prendre soin de lui, je vais voir auprès des autres Chevaliers si il n'y a pas quelque chose à faire contre cette infection...enfin je vais me renseigner. Dit-il d'une voix pleine de regrets.
-Nous resterons au chevet de ce malheureux, que le Soleil Éternel vous guide. Déclara Horemakhet en saluant le sin'dorei.
-Au revoir Tolismir. Fit Alenzanar alors qu'il fouillait dans son sac à la recherche d'un baume.

Une fois que Tolismir fut parti, Salartel posa son regard fiévreux sur les silhouettes des deux sin'dorei restants. Il vit vaguement le néantomancien extraire quelque chose de petit de son sac, il exécuta ensuite quelques mouvements avec ses mains puis s'approcha du blessé, il posa ses mains de pianiste sur le torse brûlant de Salartel et étala une sorte de baume sur les plaies du démoniste qui soupira de plaisir quand il sentit la fraîcheur de la crème.
-Je vais tenter...de vous expliquer...mais vu mon état, je ne suis pas certain d'arriver au bout de mon récit. Balbutia le blessé lorsqu'Alenzanar retira ses mains fines de son ventre.
Il ne laissa pas le temps aux deux elfes de lui répondre, il prit une longue et douloureuse inspiration.
C'était une mercenaire qui m'a infligé...cela, je me rendais chez un herboriste...elle m'a prise par surprise et...ces entailles...les gardes sont arrivés au moment où je l'ai occise.

Salartel se voyait encore devant la boutique, cette garce lui infligeant ces plaies avec cette dague, marquée de l'emblème d'une famille qu'il pensait disparue. Il avait cependant eut le temps de lui faire goûter à sa fureur, sa peau et ses tendons fondant comme neige au soleil, ne laissant qu'un cadavre empestant la chair brûlée, la dague avait ensuite attirée son attention et il l'avait prise à l'insu des autorités. Bien entendu il avait du s'expliquer avec les gardes durant quelques heures pour avoir tué une personne dans la capitale, mais ils lui donnèrent finalement raison lorsque quelques témoins déclarèrent que le démoniste n'avait fait que se défendre, les gardes le laissèrent alors s'en aller. Ce n'était qu'une fois seul qu'il s'était rendu compte des blessures superficielles qui souillaient son corps parfait.
Après s'être assuré que la dague n'était pas empoisonnée, le démoniste jugea qu'avec une simple pierre de soin la question serait réglée.

Le soir même il s'était intéressé à l'arme, et plus particulièrement à son emblème : Trois bourses encadrant le phénix. La famille Talnasel...était-ce un hasard si cette mercenaire détenait CETTE dague ? Salartel ne le pensait pas. Cette réflexion se confirma trois jours plus tard, lorsqu'il s'aperçut que les plaies, au lieu de se refermer, s'étaient gravement infectées. Et malgré des soins appropriés, son état s'aggrava jusqu'à il y'a quelques heures où la fièvre le fit délirer dans la rue.

Salartel bu encore un peu d'eau, la fièvre avait légèrement baissée, mais restait bien plus haute que la normale, la sueur s'échappait de tous ses pores tandis qu'il parlait tout en étant plongé dans de lointains souvenirs.

Le démoniste fit une pause et regarda alternativement les silhouettes de ses camarades, ils ne disaient rien. Horemakhet esquissa un geste pour signifier au malade d'arrêter là son récit, cependant, la fièvre et la vision trouble du démoniste l'induisirent en erreur, et il continua.

C'était un jour comme un autre pour Salartel. Cela faisait quelques mois qu'il avait terminé ses études de mage.
Son frère, Laschanar avait suivi la même voie que lui, mais deux ans après, aussi avait-il un peu de retard par rapport à lui. Aujourd'hui était le moment de la ré-inscription pour les étudiants, et cette ré-inscription avait un coût, malheureusement, les parents des deux elfes avaient été portés disparus un an plus tôt. Ils ne disposaient donc que de peu d'argent et ne pouvaient payer les frais scolaires de Laschanar. Cependant, des amis de leurs parents proposèrent de leur prêter l'argent, c'était des membres de la famille Talnasel, connue pour ses activités marchandes importantes.


Malgré quelques réticences à devoir de l'argent à quelqu'un, ils acceptèrent l'offre généreuse, et Laschanar pu continuer ses études. Les mois s'écoulèrent paisiblement, jusqu'au jour où Hosnarel Talnasel -le patriarche- ne se présente à l'Académie où étudiait l'apprenti-mage. Affolé et anxieux, l'homme s'entretint avec Laschanar et le pressa de lui rembourser l'argent prêté au plus vite. (La famille était accusée de diverses infractions graves aux codes du commerce). La somme était importante, et ne put être remboursée dans l'immédiat. Il obtint cependant un délai de quelques jours afin de réunir les pièces d'or. Mais cela ne fut pas suffisant, seulement un tiers du montant total avait put être récupéré, et ce qui devait arriver, arriva. Un soir, alors qu'il revenait d'un séjour dans les Terres Fantômes, Salartel découvrit son frère, allongé sur le sol de la cuisine et marqué de nombreux coups.

Le futur démoniste dû user de tout son sang-froid pour ne pas commettre un meurtre dans l'instant, Et afin de résoudre les problèmes de son jumeau, il revendit au marché noir de précieux artefacts dont il avait fait la récente acquisition, ainsi il remboursa la totalité du prêt.

Salartel arrêta là son récit, il tourna son regard épuisé et à moitié fou vers les deux sin'dorei qui étaient pendus à ses lèvres. Cependant, il y'avait comme une certaine tension mêlée à de la gêne dans l'air, il sembla au démoniste que le Magistère souhaitait l'interrompre. Mais maintenant qu'il était lancé, autant tout leur dire.
Les souvenirs les plus douloureux lui revinrent en mémoire, il n'avait jamais parlé de cet événement à personne, pourtant il était capital que ses confrères comprennent le danger. Non ?

Il raconta à Horemakhet et Alenzanar qu'ils reçurent quelques jours plus tard la visite d'un autre membre de la famille Talnasel, le fils aîné sembla t-il à Salartel. Le démoniste se souvint de la lueur de folie qui brillait dans le regard de cet elfe nommé Forsahar.
Salartel raconta la conversation qu'ils avaient eu, l'importun réclamait à nouveau de l'argent, prétextant qu'ils n'avaient jamais reçu le précédent paiement.
Le démoniste se souvint lui avoir proprement claqué la porte au nez, comme si il allait lui donner une somme dont ils avaient déjà reçu le montant ! Il ne parla pas de cela à son frère, inutile, pensa t-il.

Le lendemain, Salartel jeta au feu un avertissement qui avait « malencontreusement » atterri dans leur boite aux lettres. C'était sans doute sa plus grave erreur, il n'avait pas prit au sérieux la folie et l'avidité de cette famille désormais poursuivie par de nombreux créanciers.

Trois jours plus tard, alors que le mage rentrait, il s'aperçut de l'absence de son frère, cependant il ne s'en inquiéta pas outre mesure, après tout, il était sans doute en vadrouille dans la ville avec ses camarades de classe. Ce n'est qu'au petit matin, que le futur démoniste se préoccupa de la disparition de son jumeau, et à raison. Là encore, il reçut une lettre. Cependant, le ton était clairement agressif, et son contenu emplit Salartel d'une haine froide.
Laschanar avait été enlevé, et une rançon exorbitante était réclamée, le lieu de rendez-vous était dans l'Allée du meurtre, le soir même.

Il se souviendrait toute sa vie de cette soirée, l'odeur d'alcool mêlée à celle de la moisissure qui imprégnait les rues sombres de l'Allée du Meurtre. Quelques ivrognes étaient déjà là, complètement soûls, gisant ici et là. Il se souvint de cette sensation qui l'avait envahi lorsque son regard glacé croisa celui de Forsahar. Immédiatement, Salartel s'était aperçu de l'absence de son frère, qui aurait pourtant dû être là pour « l'échange ». Ce constat ne fit qu'accroître sa froide détermination.
Le futur démoniste se remémora alors l'expression de stupeur qui déforma les traits de Forsahar quand il disparut de son champ de vision pour se transférer dans son dos. Sa victime voulu crier, mais déjà sa main se plaqua devant sa bouche.
Son autre main plaça un poignard sur la gorge de Forsahar, d'un geste vif, il trancha la chair et les cordes vocales, répandant des gerbes de sang devant lui, ainsi que sur ses mains nues. Puis, il laissa tomber le cadavre au sol dans un bruit sourd.
Salartel contempla le corps inerte se vider de son sang durant un moment. Lentement, il leva un bras et marmonna quelques paroles, des flammes vives s'échappèrent de sa main pour lécher les vêtements de sa victime.

Il resta encore quelques minutes à côté du cadavre, ajoutant même de l'alcool -trouvé à côté d'une ivrogne inconsciente- sur le feu gourmand qui dévorait les habits et la chair de Forsahar. L'odeur pestilentielle n'allait pas tarder à se répandre, et à attirer les gardes, aussi s'en alla t-il vers le manoir des Talnasel d'un pas vif.


Et alors qu'il racontait son histoire, plongé dans ses pensées, il remarqua enfin qu'Horemakhet était juste au dessus de lui. De ses mains émanaient une chaleur impressionnante.
-Êtes vous certain que c'est une bonne idée ? Fit Alenzanar d'un ton inquiet en contemplant le Magistère penché sur le démoniste.
-Je suis désolé de vous infliger cela mon ami...vraiment navré. Souffla Horemakhet tandis que Salartel reculait brusquement en sentant le feu à quelques millimètres de sa peau. Mais les mains du mage se posèrent brusquement sur les plaies infectées du démoniste qui hurla de douleur, lorsqu'il sentit les flammes lui dévorer la peau.
Cela ne dura que quelques secondes, mais elles parurent interminables pour le blessé qui ne cessa de hurler que lorsque son supérieur enleva ses mains de son torse.

Salartel respirait difficilement, des larmes de douleur perlèrent aux coins de ses yeux. C'est tout juste si il parvenait à distinguer clairement les couleurs. Il ne comprit pas pourquoi le Magistère lui infligeait pareil châtiment, et il ne put y réfléchir davantage, car il s'évanouit.
Horemakhet se tourna ensuite vers Alenzanar.
-Ne contestez jamais mes décisions. Je suis le Vizir de son Altesse, je sais ce que je fais. Fit-il sèchement.
Le néantomancien hocha la tête, il s'avança ensuite vers le blessé désormais inconscient.
-C'est particulier la fièvre tout de même. Je n'avais encore jamais vu quelqu'un délirer autant. Fit-il d'une voix un peu plus forte.
Le mage saisit rapidement le manège de son « ami » et rentra dans son jeu, sachant qu'ils étaient vraisemblablement écoutés.
-C'est vrai, il semblait comme possédé. Une fable montée de toute pièce par son esprit embrumé. Il n'en gardera certainement aucun souvenir à son réveil.
Alenzanar se mit à genoux devant Salartel, faisant mine de prendre son pouls. Le Magistère marmonna tout bas, afin de n'être entendu que de son « collègue » :
-Cette histoire ne me plaît pas, et des personnes mal intentionnées pourrait profiter de son mal pour lui poser les mauvaises questions. Trouvez lui un endroit sûr. Souffla t-il. Horemakhet se tourna ensuite rapidement, s'assurant que les rideaux pourpre étaient bien à leur place, puis il incanta discrètement un portail.
Alenzanar hocha silencieusement la tête, puis il mobilisa toute sa force pour soulever le démoniste inconscient -c'est qu'il pesait lourd- enfin, ils passèrent tous les deux à travers le portail qui menait à un endroit où il serait en sécurité.






La haute et solide silhouette d'Alenzanar émergea du portail avec un lourd paquet sur son épaule. Il poussa un léger grognement en réajustant sa prise sur Salartel, puis regarda autour de lui. On était bien loin de la majesté du Royaume de Quel'Thalas. Les murs suintaient d'humidité et de moisissures, de là où il était, le sin'dorei avait la vue sur l'eau verdâtre qui coulait dans toute la cité, ou plutôt dans les égouts de Lordaeron.
Le néantomancien réprima une grimace quand l'odeur particulière de la Capitale des Réprouvés lui parvint.

Il s'avança enfin dans le dédale qu'était Fossoyeuse, il devait trouver l'une des auberges de la ville au plus vite. Et dans ce labyrinthe, ce ne serait pas chose aisée.
Une bonne demi-heure fut nécessaire pour trouver son chemin au sein des égouts, enfin il déboucha devant l'unique auberge décente, bien sûr elle était tenue par un réprouvé qui l'accueillit avec un sourire édenté.
-Je voudrais prendre une chambre pour mon ami, avec un LIT si possible. Fit Alenzanar en regardant autour de lui, quelques portes de chambre étaient ouvertes, et il n'avait aperçu quasiment que des cercueils, ce qui ne manqua pas de lui faire froid dans le dos.
-Bien entendu Monsieur, veuillez me suivre. Dit poliment l'aubergiste tout en prenant un trousseau de clés dans sa main pâle et osseuse.
Le Réprouvé guida le sin'dorei jusqu'à une pièce au fond de son établissement, sans doute avait-il deviné que la tranquillité était préférable pour ce client. La porte s'ouvrit en grinçant d'un air sinistre, le néantomancien entra à la suite de la créature, au moment où Salartel commençait à grogner. La chambre était assez étroite, et il n'y avait en tout et pour tout qu'une armoire et une table de chevet de vieille facture en guise de meuble, mais cela suffirait amplement.
-Pour combien de temps la prenez vous ? S'enquit le cadavre ambulant lorsqu' Alenzanar déposa précautionneusement son paquet sur le matelas mou.
-...Une semaine, peut être plus. Il a besoin de soins. Et soyez discret. Je vous tiendrai pour responsable si jamais il venait à mourir. Déclara Alenzanar d'un air tout à fait sérieux.
Son interlocuteur hocha la tête.
-Bien entendu Monsieur.

Le Réprouvé laissa seuls les deux sin'dorei, Salartel semblait être en phase d'éveil, tant mieux. Alenzanar se hâta de déposer le sac du démoniste dans l'antique armoire en bois sombre. Puis il se tourna vers le blessé, la sueur continuait de perler sur son front. Il soupira et s'assit sur le bord du lit, guettant le réveil du démoniste.



Au même instant, dans la même pièce lugubre, Salartel rêvait, ou plutôt revivait les événements qu'il avait relaté quelques instants plus tôt, mais dans son inconscient, personne n'était là pour l'interrompre. Il revécut ce qu'il s'était produit après le meurtre de Forsahar :


L'imposant bâtiment qui servait de résidence à la famille des Talnasel se situait presque à la périphérie de Lune d'Argent, il était aisément reconnaissable grâce au gigantesque jardin qui bordait le manoir. Un étroit chemin pavé de pierres de teinte clair menait droit à la porte d'entrée qui était gardée par deux magnifiques statues dorées, dont la forme était celle de deux quel'dorei aux formes gracieuses et au sourire enjôleur.
Salartel était venu ici plusieurs fois, avec son frère et ses parents, du temps où ces vermines n'étaient pas des lâches avides d'argent.

Qu'importe.
Il se hâta de traverser l'étroit chemin pavé, et une fois devant la porte, frappa trois fois du poing.
Le pan de bois sculpté s'ouvrit sur la mère aux cheveux blonds comme les blés. Le premier réflexe de cette dernière fut de tenter de refermer la porte au nez de Salartel, cependant, il avait anticipé son geste et plaça rapidement sa jambe dans l'embrasure puis écarta d'un geste l'obstacle qui le séparait de son frère.
L'elfe cria quelque chose en fuyant vers la pièce principale. Salartel la suivit, d'un pas vif et déterminé, son frère était quelque part ici, il le sentait.
Il pénétra dans la pièce principale, il repéra l'elfe qui lui avait ouvert la porte dans un coin, au centre de la pièce se tenait trois elfes vêtus de robes somptueuses, qui se redressèrent à toute vitesse en l'apercevant.
-Où est mon frère ? Siffla t-il d'un ton glacé lorsqu'il se retrouva face à quatre Talnasel.
Hosnarel fut le seul à vouloir défier le regard plein de haine du mage. Il s'avança d'un pas vers lui, Salartel ne put s'empêcher de remarquer le changement physique de l'homme, autrefois soigneux et bien portant, il arborait maintenant de lourdes cernes violacées, ainsi qu'une barbe de plusieurs jours qui lui mangeait ses joues plus creuses qu'à l'accoutumée. Il n'y avait pas prit garde la dernière fois, peu importait.
-Salartel, comprenez nous. Notre famille est ruinée, criblée de dettes dont vous n'avez même pas idée. Nous n'avions pas d'autre choix. Tenta Hosnarel.
-Ne gâchez pas votre salive, ce ne sont pas avec des explications creuses et vides de sens que vos vies seront épargnées. Cracha t-il, après tout, il n'avait pas besoin d'eux pour savoir où se trouvait son jumeau, il pourrait fouiller le manoir à sa guise. Il marmonna de rapides incantations alors qu'un bruissement derrière lui l'alerta de la présence d'un ennemi, il ne fut pas assez rapide. Une masse plutôt légère lui tomba dessus, ils roulèrent une fraction de seconde, les quatre autres tentèrent d'aider l'inconnu. Salartel sentit l'adrénaline monter en lui et imprégner chaque parcelle de son être, il aperçut le visage de son agresseuse, puis, sans une once d'hésitation il plaqua sa main sur la face de l'elfe et émit une torrent de flammes directement sur la peau ivoire de son ennemie.
-Rafa ! Hurla Hosnarel en se précipitant vers celle qui devait être sa fille.

Des cris de douleurs et de peur résonnèrent dans le manoir, quelqu'un retira la main du mage du visage aux traits presque fondus. Un poignard s'enfonça dans l'épaule de Salartel, ce dernier poussa un grognement puis s'empressa d'effectuer un transfert.
Les quatre elfes entouraient le corps inerte de la seconde victime du mage, ne prêtant presque plus attention au meurtrier.
Salartel examina rapidement l'arme plantée dans sa chair, si il la retirait il se viderait bêtement de son sang. Aussi la laissa t-il où elle était.
-Ce n'est qu'une enfant ! S'écria la mère d'une voix brisée en berçant la petite elfe qui n'avait guère plus de seize ans.
-Cela ne fera jamais plus que le deuxième que vous perdez ce soir. Répondit Salartel en souriant d'un air malsain.
La mère hoqueta, les tris autres se jetèrent sur lui en poussant des hurlements de rage. Le mage effaça son sourire de son visage, laissant place à une expression haineuse. Son bras valide se leva instantanément, un cercle de flammes jaillit sous les pieds des tris quel'dorei au moment où Salartel termina une rapide incantation. Les elfes furent projetés au plafond, puis brûlés, l'un des cadavres calcinés -Hosnarel sans doute- atterrit aux pieds de son épouse, tandis que le second et le troisième se fracassèrent dans un coin sous le regard horrifiée de la dernière elfe en vie.

Le mage s'avança ensuite vers l'unique survivante qui tenait toujours le corps de sa fille dans ses bras. Tétanisée elle se contenta de tourner son regard embué vers Salartel qui la jaugeait froidement.
-Pourquoi ? Demanda t-elle dans un souffle.
-Vous avez osé porter la main sur mon frère. Vous avez osé l'arracher à moi. Qui plus est, vous avez menti avec cette histoire de rendez-vous. Siffla le meurtrier en levant encore une fois son bras valide vers la quel'dorei. Derrière lui, le feu commençait à se répandre, léchant les riches tapisseries et les rideaux hors de prix.
La mère serra son enfant contre elle, ce fut le signal pour Salartel. Une langue de flammes jaillit de sa main et engloutie les deux femmes.

Quelques instants après, une silhouette se découpa dans l'entrée enflammée de la demeure des Talnasel. L'elfe semblait porter quelque chose de lourd contre lui. L'ombre disparue soudainement et réapparut quelques mètres plus loin dans le jardin.
Salartel tomba à genoux, laissant rouler au sol son frère à demi-conscient. Tous les deux étaient couverts de sueur, l'un avait toujours un poignard planté dans sa chair, l'autre avait visiblement une jambe cassée et de nombreuses ecchymoses.
-Salartel...qu'as-tu fait ? Marmonna Laschanar en roulant la tête sur le côté.
Le meurtrier soupira, il repoussa ses mèches noires collantes en arrière, puis entreprit de reprendre son souffle. Finalement, au bout de quelques secondes, il inspira fortement et reprit son frère contre lui et le porta.
-Réponds moi...souffla Laschanar. Tu as un poignard dans l'épaule...constata t-il ensuite.
Salartel ignora les paroles de son frère, il se contenta de déposer un baiser sur le front humide de ce dernier et de marcher vers le couvert des arbres. Lorsqu'il eut atteint son objectif, il répondit enfin à son jumeau.
-Personne n'a le droit de s'attaquer à toi. J'ai donc résolu un problème, rien de plus.
_________________

Esevëlle Plume-Sang chez les Celwë Belore


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 6 Juil 2015 - 20:05    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Maisons Sin'Doreis sur le Culte de Rive Noire Index du Forum -> Lune-d'Argent -> Bibliothèque publique Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Modifiés et personnalisés pour ProjetSang,
par Christopher Jorissen et Lodjay.