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(Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor

 
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Felendïel
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:53    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

Et walà le récit de ma petite chasseresse qui avance doucement mais sûrement ! Une bonne lecture. :3

*

Bienvenue dans le passé

« Tu fais si pitié. Comme toujours en fait. On tente de se donner une allure vaillante, le cœur gonflé de courage. On part au combat, puis on se rend compte. Les cadavres pulvérisés, les viscères répandus ça et là, les râles d’agonie qui peuvent à peine se faire entendre au milieu de ce carnage…
C’est la guerre que tu vis là, sombre idiote. Celle qui te tourmentera pour les années à venir, à revoir les visages déchirés de tes victimes, le sang qui gicle à flots, à s’en noyer dedans.
Donc ma petite blondinette si fragile, tu veux bien te réveiller ? A moins que tu ne veuilles finir comme cet Orc au crâne éclaté, là-bas ? »


Un spasme salutaire me réveilla et mes yeux plus pâles que d’habitude s’ouvrirent en énormes billes de verre sur le ciel si pur et paisible, ignorant candidement la boucherie qui se déroulait juste en son creux.
Une violente quinte de toux me fit cracher du sang. J’en étais aspergée copieusement, d’ailleurs…

« Est-ce le mien ? » songeai-je, effrayée.

En partie. La déflagration produite lors de l’explosion de l’Etoile de Fer sur la Porte des Ténèbres m’avait surtout brûlée. Tout le dos avait été dévoré comme du papier, se superposant à une autre brûlure, plus vieille et cicatrisée depuis le temps. Un mélange de peau brune asséchée, de chair vermeille à vif et de plaie violacée suintant quelque chose d’assez malsain. Répugnant.

-Argh…

La douleur, bien qu’ignoble au possible, ne m’empêcha pas de me redresser sur mes fines jambes pour scruter la situation et savoir où aller.
Mes yeux se plissèrent, nerveux. Au long un petit groupe s’agitait, fuyant en direction des quais. Une rancœur douloureuse se logea sournoisement en moi, mais je m’efforçai de la chasser, ou au moins de l’étouffer. Les cris et le bruit des armes qui s’entrechoquent me paraissait bien trop lointain, comme étouffé.
Tout en balayant la zone du regard, je cherchais à me souvenir…


Rikthar avait disparu. Mais je n’en avais cure, sur le moment. Je m’étais directement installée sur un petit pilier pour avoir une meilleure vue. J’agissais mécaniquement, comme mon précieux assistant robotique Aemon. Je tirai les flèches de mon carquois avec une rapidité implacable pour les lâcher sur les Orcs de Fer presque instantanément. Le paysage autour de moi se distordait, flou, effacé…Sans doute voulais-je fuir l’horreur de cette réalité que je vivais ? Je saisissais à peine mes gestes et actions.
Le déclic fut déclenché par mon ami.

-ANËLIELLE ! FUIS BORDEL !

Tout redevint alors d’une netteté crue. Au loin, Rikthar s’agitait déspérément, hurlant à s’en déchirer la gorge pour que je réagisse. Encore un peu dans cette bulle cotonneuse ma foi plutôt agréable, elle éclata lorsque je vis un amas de métal et de pics foncer à pleine vitesse sur le Portail.

-CA VA SAUTER, BOUGE-TOI, PAR TOUS LES LOAS !

L’incompréhension laissa place à une terreur folle qui s’empara de tout mon corps. Ce fut une étrange poignée de secondes où mes mouvements me parurent bien trop lents, alors que je n’avais jamais couru aussi vite. Je fermai les yeux.


Finalement, je n’étais pas morte. A quelques détails prêts, comme mon dos à moitié bouffé par le feu.
Mais où était le Troll, à présent ?
Je pris mon courage à deux mains, et surtout ma carcasse sanglante pour galoper en direction de la mer. La douleur menaçait de fracasser mon corps, mais je n’en avais cure et continuai ma course, laissant derrière moi une pluie de sang brûlant. Je ressentai les choses, sans que ce soit le cas en même temps. Mes bottes étaient très abimés et le moindre pas était une torture, cela combiné au sol rocailleux et tranchant comme des cisailles…
Sous mon champ de vision brouillé par la sueur et les mèches de cheveux, je repérai Rikthar un peu plus loin, aux prises avec un énorme Orc. Un instant de vide, un instant de trop à ne rien faire, je me demandai si c’en était vraiment un, puis je me giflai mentalement. Je devais l’aider !
Le Troll se portait bien mieux que moi, mais ça aurait pu dégénérer si je n’avais pas réussi à distraire son assaillant. Je fis voler une flèche avec cette aisance teintée d’adrénalin, qui se ficha dans l’épaule de ma cible. Mais ce n’était que piqure de guêpe. Il fit volte-face.
C’était un véritable colosse, déformé, aux muscles démesurés roulant sous sa peau ocre. Il n’avait vraiment pas l’air intelligent, mais le regard enragé qu’il me lança me fit vite comprendre qu’il n’en avait pas besoin…

-VIENS ICI QUE JE T’ECRASE PETIT MOUSTIQUE ! ON VA JOUER !

Je n’eus que le temps de sourire tristement à un Rikthar éberlué avant de tourner les talons et de partir droit dans la jungle, coursée par l’O…Le monstre.
Je me trouvais affreusement lente, et pourtant ça allait se jouer en quelques minutes. Il était constamment ralenti par les racines des arbres, leur feuillage, l’étroitesse de cette flore, et j’allais devoir jouer sur ça.
Je m’enfonçai très vite dans ce piège luxuriant et dans un détour, je bondis sur l’arbre le plus proche pour l’escalader promptement.

« Même quand j’étais une fillette je n’étais pas aussi agile… »

Je me calai sur une branche tout en écoutant les râles furieux de mon poursuivant. D’une main je saisis autant de lianes que possible et les fit glisser non sans un peu de bruit. Pas grave, cet abruti n’avait même pas compris l’idée de mon piège.
Il y plongea en plein dedans et je tirai vivement les lianes vers le haut, les remontant autant que possible pour suspendre par le cou le monstre.

Ce fut long. Ses hurlements me firent craindre une arrivée de renforts. Il parvint à briser plusieurs lianes malgré le fait qu’il suffoquait. Le peu qu’il restait aurait pu lâcher avant qu’il soit assez faible.
Mais il mourut. Ses cris rauques s’estompèrent progressivement, ses mouvements aussi, jusqu’à être réduit à une masse épaisse et inerte.
Toute ma fougue disparut en même temps qu’il rendait l’âme et je tombai de l’arbre.

Je fus réveillée par la sensation la plus curieuse qui soit. Une langue me chatouillait le visage, sans être rapeuse, ni humide. Ça se rapprochait plutôt d’un brouillard humide. Je compris directement.
-Kei ? C’est toi ?

Le fantôme agitait ses oreilles pâles, puis bondit en arrière, attendant patiemment que je me redresse. Puis elle se détourna et s’enfonça tranquillement dans la jungle.
Je suivis la tigresse, qui voulait sans doute m’extirper de ce lieu de mort. Et en effet nous arrîvames quelques minutes plus tard sur une plage plus paisible, qui faisait fi du massacre s’étant déroulé il y a peu. Je discernai au loin les récifs d’une autre terre.

-En effet Keiluna, il faudra fuir dès que possible…rester ici c’est comparable à s’enterrer soi-même.

Je marmonnais d’une voix faible tout en sortant du matériel de secours de mon sac en bandoulière. Des bandages, de quoi désinfecter les plaies…rien de folichon.
Après avoir galéré à soigner mon dos je me bandais soigneusement tout le haut du corps malgré la petite douleur bien désagréable et piquante du désinfectant. C’était vraiment maigre, il valait mieux que je déniche un campement allié…Enfin, s’il y en avait un.
Mue par une nouvelle volonté, je ramassai tout le bois que je trouvais sur la plage et les abords de la jungle. Je ne prendrai pas le risque d’y retourner, ah ça non.
Une fois toutes les branches possibles à ma disposition ainsi qu’un gros rouleau de corde trouvé sur le cadavre de l’Orc qui m’avait poursuivie, je me mis au travail, collant avec soin le bois ensemble, utilisant une sorte de sève pour colmater les brèches, nouant le tout avec la corde. Mon état ne me permettait pas d’aller vite malheureusement, et très vite le crépuscule pointa le bout de son nez. J’aurais voulu partir durant la journée. La nuit en ces lieux ne m’inspirait pas confiance.

« Imbécile…Comme si tu allais te sentir plus à l’aise ailleurs, sur ce monde que tu ne connais pas et prêt à te bouffer à la moindre bourde. »

Un certain abattement me saisit soudainement, que Kei ressentit. Elle vint se coller contre moi, présente sans vraiment l’être, ronronnant doucement jusqu’à l’endormissement.
Je ne pouvais pas me laisser gagner par la fatigue, pourtant. Il fallait veiller.

L’aurore éleva ses rayons bienveillants sur la plage, et un soulagement sans nom me ragaillardit. La nuit avait été affreuse, et les affreuses bestioles – serpents de tailles diverses, insectes improbables entre autre – que j’avais abattu pourrissaient à présent sur le sable qui se chauffait assez vite.

-Il est temps de partir ma belle.

Je réveillai Keiluna en lui caressant vivement sa fourrure brumeuse. Elle grogna, s’étira, se prélassa, me fixant d’un air moqueur pendant que je poussais mon radeau de fortune. Je ne savais pas où aller, si ce n’est ce lointain rivage face à moi.
Keiluna sauta sur le radeau, et je la rejoignit.

Les deux premières heures n’étaient pas trop mal. Les eaux étaient calmes, aucune difficulté à se diriger. Non, je n’avais pas prévu la vraie menace.
Le soleil était à son zénith, et sa chaleur bienveillante s’était transformée en fournaise impitoyable. Mes réserves d’eau s’épuisèrent inexorablement, comme le temps qui passe. Mes réserves de nourriture ne furent pas assez conséquentes. Mais je n’allais pas mourir de faim, non, mais bien de soif. Ma peau déjà bien éprouvée s’asséchait, ma vision se faisait floue. La sueur ne pouvait que me protéger brièvement. Et cette impression de ne pas avancer. C’était comme être perdu en plein milieu d’un désert. L’eau si calme s’était au final avérée encore plus meurtrière. C’est un cadavre qui rejoindrait cette rive si éloignée.

« Dommage de finir comme ça…quelque part au milieu d’une mer inconnue. Vais-je rejoindre le fond des eaux ? Ou ce rivage si éloigné récupérerait mon cadavre ? Et je ne lui ai pas dit…Rikth… »

Des points blancs dansant devant mes yeux…puis le noir.
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:53    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:54    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

Recueillement

-Elle reprend connaissance.

Les échos de cette voix rugueuse dont la langue me laissait perplexe me firent émerger de ma torpeur. De l’Orc ? Et je n’étais pas morte ? J’étais faible au possible. Mais bien vivante. Mon corps n’était plus aussi sec.
Je me redressai non sans peine pour faire face à ma sauveuse.
C’était une Orque. Peau de terre, jeune, un regard fier et farouche. Des longs cheveux blancs tombaient jusqu’au milieu du dos. Parée d’une tenue des plus tribales, sombre.
Sans un mot, elle s’avança vers moi, un gros seau rempli d’eau dans les mains ainsi qu’un pot plein d’une substance liquide. Elle mélangea le tout et frictionna mon corps nu. Un sourire stupide me prit tandis qu’elle me massait doucement le corps. C’était divin.
Une fois propre et vêtue d’une petite robe simple et d’une fourrure blanche, elle m’amena à m’asseoir au coin d’un feu chaleureux. Une marmite de ragoût bouillonnait au-dessus du feu crépitant.

-Avant toute chose, présentons-nous. Je m’appelle Noriah, chamane des Parias Ombrelune. Et vous ?

Un pli se creusa sur mon front.

-Anëlielle.

J’étais quelque peu perturbée de savoir que je faisais face à un clan disparu dans notre Outreterre, mais j’écoutais patiemment l’Orque.

-Vois-tu comme la terre est déchirée, au sud ?

Je me tournai pour observer. C’était lointain, mais on discernait en effet d’énormes tâches violettes et noires, ténébreuses, qui s’étiraient sur le sol comme de la peinture.
En leur centre, un point gris pâle, presque blanc.

-Ceci est l’héritage que nous a laissé l’Etoile Noire. Il y a…très longtemps, ce monolithe blanc s’est abattu sur nos terres. Intrigués, nos ancêtres ne savaient comment appréhender ce cadeau des cieux. Le vénérer, en avoir peur ? Quoi qu’il en soit, il a eu une influence sur leur vie, ainsi que la nôtre.

Noriah semble perdue dans ses pensées, le regard plongé dans les flammes orangées.

-Leurs pouvoirs pouvoirs ont véritablement évolué à son contact. Le pourquoi est un grand mystère, mais là n’est pas le vrai problème. Autre chose s’est développé, quelque chose de néfaste. Une nouvelle voix bien plus ténébreuse. Le Vide.
Le chef de l’époque a décrété l’interdiction de toute utilisation du Vide suite à la découverte d’un membre du clan qui avait profané les esprits ancestraux.
Quoi que soit cette Etoile Noire, elle était malsaine et distillait de sombres idées en nous. Mais les choses ont changé depuis l’avènement de cette Horde de Fer.

La Paria prit un ton rageur, ses doigts enfoncés dans la chair de ses genoux.

-Nous ne sommes d’aucun intérêt pour Grommash Hurlenfer et sa volonté de destruction avec notre lecture de la terre et des astres. Il a menacé notre chef, Ner’zhul. Il avait deux choix : participer à l’effort de guerre et trouver quelque chose de plus puissant que nos talents habituels, ou alors être l’ennemi de la Horde de Fer et périr. Ner’zhul a dès lors agi sous cette pression pour nous protéger et a ré-initié la magie du Vide.
Et je n’ai même pas besoin d’entrer en communion avec les étoiles pour savoir que tout ça va vraiment mal se finir.

Je clignai des yeux doucement, un peu sonnée par la quantité d’informations que je devais avaler. Mais cela était grave.

-Après, je suppose que l’Alliance nous aidera dans cette lutte…mais nous ne sommes pas éternellement protégés.

-L’Alliance ? grognai-je d’un ton anxieux.

Elle hocha la tête et une moue boudeuse se dessina sur mon visage. Bien que n’ayant absolument aucun grief contre eux, s’ils avaient échoué ici, nul ne doute que quiconque me verra me donnera la chasse. Il faudra être discrète.

-A présent que cela est éclairci, puis-je savoir comment vous m’avez recueillie ?

Noriah me sourit doucement.

-A ce que j’ai cru comprendre tu as tenté de fuir la Jungle de Tanaan, n’est-ce pas ? Quelle folie…Encore que j’ai cru comprendre que ton radeau n’était pas de mauvaise construction, mais la chaleur que tu t’es prise de plein fouet, quelle horreur ! Tu as dérivé deux jours. Enfin, tu étais dans les vappes quand tu t’es écrasée contre les récifs de la Vallée. Tu as été retrouvée par un membre de ta race et une Draeneï. Un bras cassé, des côtes en éclat, une quantité de coupures…de la fièvre aussi il m’a dit ! Un sacré miracle que tu aies survécu à cette péripétie. L’autre Elfe s’est occupé de toi et a réparé tes fractures. Ta température a fini par baisser.
Ils t’ont confiée à moi quand ils m’ont découverte, acculée de toutes parts par des membres du Clan Ombrelune. J’étais morte, sans eux…Il m’a chargée de veiller sur toi et m’a confié ceci, le temps que tu te réveilles.

Elle tendit un petit rouleau de parchemin un peu usagé que je pris et déroulai.

« Retrouvez moi en Talador, vu les énergies magiques qui s'y trouvent il n'est pas improbable qu'un sanctum y soit construit. - Capitaine Chantelumière »

Je fronçai les sourcils. Chantelumière ? C’était un membre de la Maison Celwë Belore, non ? Un certain soulagement me prit, sachant que je n’étais plus seule. L’idée d’une connaissance non loin de moi était rassurante.
J’en profitai pour examiner enfin mon corps, chose au quelle je n’avais plus pensé depuis la discussion avec Noriah. Ma peau était en bon état, pas tout à fait douce, mais au moins bien hydratée. On discernait le long de mon bras une fine cicatrice, là où le Capitaine avait du réparer. De même au niveau des côtes. La plupart des coupures mineures s’étaient résorbées. J’avais par contre vraiment maigri. Je n’étais pas trop mal, mais pas au meilleur de ma forme pour autant.

-Tu as bien récupéré, et l’Elfe a fait un sacré travail sur tes fractures. Mais ne pars pas tout de suite, tu veux bien ? Question de sureté pour ta santé et ta vie. Je vais te renseigner sur la faune locale, les dangers de la Vallée d’Ombrelune. Et là tu pourras partir en tout sérénité, termina-t-elle avec un léger sourire.

-Ce n’est pas un problème, dis-je doucement. Et par la même occasion j’en profiterai pour vous filer un coup de main ! Je sais me battre après tout, et c’est bien le peu que je peux faire pour vous remercier.

-Nous en serons honorés.

Noriah se redressa vivement et s’intéressa à la marmite, dont le contenu était prêt. Elle en versa dans deux bols de terre cuite et m’en tendit un. Je pris conscience de la faim qui me tenaillait et engloutis comme de rien la viande juteuse et les légumes avant d’en redemander. La Chamane me resservit avec un rire.

-Nous rediscuterons demain des potentielles choses à faire. Là est le temps du repos et du réconfort.

Je hochais la tête et je me rendis à la petite tente qu’elle m’avait désignée une fois repue. C’était très rudimentaire, mais amplement suffisant. Une pile de peaux faisait office de lit. J’en soulevai une pour me glisser dessous. C’était chaud, douillet.
Un vrai sentiment de contentement me réconfortait. Je ne m’en tirais pas trop mal, pour le moment.

« En espérant que tu t’en sors aussi, Rik… »

Un pincement douloureux surgit alors que je pensais à mon ami. Etait-il juste encore vivant, à présent ?
Mon bien-être laissa place à une inquiétude certaine et je finis par m’endormir après de longues minutes. Mon sommeil allait être agité encore un moment.
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:55    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

A la découverte de la nuit perpétuelle

Le soleil n’était pas loin de son zénith quand je finis par me réveiller. J’étais requinquée, et dans la chaleur de mes fourrures je me prélassai encore longtemps avant de me motiver à me lever. Une fois debout, je m’emparai de mes vêtements de combat. Ils étaient dans un état effroyable, en grande partie cassés. Ça n’allait pas être simple de la retaper…Mes affaires sous le bras, je sortis de la petite tente pour découvrir plusieurs cadavres d’Orcs Ombrelune salement amochés. J’étais bouche bée.

-Tu n’as pas entendu une miette du combat en effet ! Mais ne t’inquiète pas, nous nous sommes bien défendus.

Noriah trainait un corps derrière elle qu’elle ajouta à la pile de morts déjà existante, un sourire carnassier aux lèvres.

-De toute façon, il vaut mieux que tu commences par des activités tranquilles avant de te mettre à l’espionnage et les attaques, hein ?

-En effet, approuvai-je doucement, pas très fière de ne pas avoir participé au combat au fond. Et au passage, est-ce que vous avez un forgeron ? Mon armure est importable comme ça…

-Va vers le nord, tu trouveras les affaires de Gortak. Il fait un bon travail.

Je la remerciai aimablement et traversai le village en silence, observant autour de moi. Ils avaient du être bien préparés, parce que hormis les cadavres, rien n’indiquait qu’ils avaient bataillé. Le campement était intact. Des enfants m’espionnaient. Les plus audacieux venaient se planter devant moi, me posant mille questions sur ce que j’étais, tandis que les plus timides me scrutaient de loin. Les adultes regardaient la scène d’un air amusé, puis finirent par rappeler leurs petiots à l’ordre.

Le fracas du métal résonnait non loin, et je fis vite face à un Orc plus large que la moyenne, couvert de brûlures et de cicatrices. Il tourna sa tête imposante vers moi.

-Hum ? Je peux te faire quelque chose, petite ?

-Voyez par vous-même…fis-je en tendant les habits ruinés. Il s’en empara avec fermeté et les déplia pour juger des dégâts.

-Le haut, je ne sais pas s’il va être réparable, il est vraiment dans un sale état. Je ferai comme je peux. Le reste a bien dégusté aussi mais pas autant, ce sera bien plus facile, marmonna-t-il tout en examinant le pantalon en mailles. On aurait dit qu’il maniait des vêtements d’enfant.

-Je vous laisse vous en occuper alors. Mais ça risque d’être long n’est-ce pas ?

-Dans le mille. Si je travaille à un bon rythme, quelques heures j’espère…mais je peux t’assurer que tes vêtements sont entre de bonnes mains. File voir si tu peux aider quelqu’un.

Un petit merci, et je me retrouvai juste après à acheter des provisions. Fruits et viande séchés, de quoi réparer les petites éraflures de ma sacoche et de ma cape, de nouvelles flèches. Finalement je ne pus que retourner vers Noriah pour savoir s’il y avait quelque chose à faire.

-Eh bien…autant éprouver gentiment tes muscles, non ? Allons chasser un peu, la viande commence à manquer.

Elle me confia les rênes d’un talbuk et nous partîmes dans les plaines de la Vallée d’Ombrelune.
Plus nous avancions, plus je m’émerveillais devant la beauté des lieux. Ces terres étaient constamment plongées dans une douce obscurité, ce qui leur conférait un charme mystique. Les routes pavées étincelaient, du moins semblait-il, sous la lueur enchanteresse des astres nocturnes. La flore se pavanait dans des tons violets, vert foncé, bleus, des couleurs riches qui attiraient le regard. Même les animaux irradiaient de cette onde mystérieuse. J’enviais en silence les Ombrelunes, ainsi que les Draeneï de vivre ici. Nous passâmes d’ailleurs non loin d’un village Draeneï nommé Eledor, et je commençai à m’y rendre joyeusement sous le regard perplexe de l’Orque avant de revenir dépitée. Je n’étais pas en Outreterre, je n’étais pas à Shattrath en compagnie des membres de l’Aldor. Mes pensées se tournèrent vers Mykiah, et je me demandai brièvement si elle pouvait se trouver quelque part ici.

-Anë, cesse donc de rêvasser. On part en direction des Champs Funéraires, il faudra faire gaffe.

-Oh…d’accord.

La traversée fut silencieuse. Il faut dire que je scrutais tout ce que je voyais avec la candeur d’un enfant. Ces terres étaient véritablement splendides, mais en même temps cachaient une noirceur profonde, à l’image de la nuit éternelle qui y règne. Noriah ne souhaitait pas trop s’approcher des Champs en question, et je compris vite pourquoi. L’endroit grouillait d’Orcs Ombrelune. Ceux qui avaient choisi la voie du Vide…J’eus l’impression de plonger dans des eaux opaques et sans fond dans lesquelles je m’enfonçais inexorablement. La terre était comme brûlée, violacée, couverte de craquelures noirâtres. Je pus voir nettement le gros monolithe de pierre blanche en plein cœur du sol. Des esprits ondulaient faiblement, tentant sans doute de rejoindre l’au-delà. Mais les Ombrelune les arrachaient à leur sommeil promis, les siphonnant sans aucun état d’âme. Cela me répugnait, et en même temps j’étais envoutée par la mort qui émanait de cette terre. La mort à l’état pur, implacable, celle qui vous enlève au monde pour l’éternité. Beau et affreux à la fois. Je tapotai doucement l’épaule de Noriah, un peu pâle.

-Partons s’il te plait…Ses yeux inquisiteurs comprirent directement le problème et elle m’entraina loin des Champs Funéraires.

-Je t’ai déjà montré pas mal de choses…allons chasser maintenant.

Une petite course nous mena dans les Champs de la Sérénité, qui portaient bien leur nom. Le calme revint vite en moi. Noriah prit position sur un rocher qui offrait une vue très confortable.

-J’utilise mes pouvoirs pour bloquer les talbuks et tu les abats, d’accord ? Un imposant talbuk passait non loin, et la chamane fit craquer la terre. Des lianes en sortirent et se collèrent avec force contre l’animal, qui tenta alors de les trancher avec ses sabots. Je ne trainai pas, bandai mon arc et tirai. La chasse fut fructueuse. La viande fut soigneusement récupérée, et les carcasses offertes aux animaux alentour. Une bonne façon de voir les choses je trouve.

-Maintenant je vais te montrer encore deux trucs dont tu ne dois jamais t’approcher sauf si on y mener une attaque.

Nous montâmes au sommet du Pic du Saule-Lunaire – Je passais plusieurs minutes à observer avec ravissement le feuillage de l’arbre qui scintillait comme des étoiles – pour finalement apprécier une vue magnifique. Plus au sud s’étalait le village de Shaz’gul, un poil plus au nord la Forteresse de l’Angoisse. Remplis d’Ombrelune évidemment. A éviter.

-On pourra partir à la chasse aux Ombrelune d’ici quelques jours, grogna l’Orque avec un large sourire. Mais pour le moment la chasse et la reconnaissance des lieux sont primordiales. On continuera demain et les jours à venir jusqu’à ce que tu aies bien récupéré.

Alors qu’elle parlait, un léger mouvement dans les buissons capta mon attention. Je suivais les bruissements d’un œil méfiant, alors que Noriah réalisait que je n’écoutais pas son discours et grognait de mécontentement. « Il est là. » Je dégainai ma dague et l’envoyai à quelques centimètres du visage de Noriah qui, choquée, s’apprêtai à me hurler dessus, puis s’immobilisa en entendant un lourd bruit de chut et un gémissement. Elle plongea dans le décor et en ressortit avec un Orc. Paré de cette tenue typique aux Ombrelune, si ce n’est que c’était du cuir et qu’il avait le visage partiellement masqué. Il soufflait de colère et se débattait rageusement, mais la poigne solide de la chamane le maitrisait.

-Tu nous as sauvé la vie ma grande…essayons de lui exhorter quelques informations. A ces mots l’Orc écarquilla les yeux et agita vivement son visage, avant de soudainement se figer et de s’affaler raide au sol. Je me penchai vers lui, ôtant son masque.

-…Non, pas toi ! Non !

Noriah recula de plusieurs pas d’un air horrifié tandis que je regardai son visage. Une mousse noire dépassait d’entre ses lèvres. Il avait préféré se donner la mort que de révéler quoi que ce soit.

-Il s’appelait Tor’nas, chuchotait Noriah, pâle comme un linge. Il avait disparu il y a quelques jours lors d’une mission qu’on lui avait assigné. Il avait donc été capturé et subjugué par ces enflures…Elle se renferma alors dans un mutisme total, sonnée par cette découverte. Je refermai les paupières du mort sur ses yeux. Le désir de lui offrir les derniers sacrements me prit, mais mes yeux se tournèrent vers les sites Ombrelune, beaucoup trop proches de nous.

-Je ne veux pas le laisser ainsi, mais…il faut partir de toute urgence. On va se faire traquer, sinon.

Je remontai sur le talbuk et incitai Noriah à faire de même et nous galopâmes à toute allure en direction de la Cime de l’Exilé. J’eus l’impression d’entendre à plusieurs reprises des cris de guerre résonnant au loin. Je me concentrai sur ma course et songeai-je tristement que ce n’était qu’un début des problèmes que j’allais connaitre…et des gens que je verrai mourir.
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:56    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

Perte

La notion du temps m’échappa bien vite entre la chasse, la pêche, les entrainements…puis les espionnages et les escarmouches qui s’ajoutèrent par la suite.
Il faut dire que j’étais bien à la Cime de l’Exilé. Je pouvais me sentir utile et appréciée pour mon travail. J’avais un toit, des repas coquets grâce à la bonne chair que je ramenai quand je partais en vadrouille avec Noriah.
Malgré tout l’ennui ne tarda pas à poindre le bout de son nez. Voilà quelques semaines que les Parias m’avaient accueillie. Malgré une certaine appréhension, j’étais plutôt curieuse de savoir ce qu’il y avait au-delà de la Vallée. Et je devais toujours retrouver ce Capitaine Chantelumière.

-C’était prévisible évidemment…mais je ne peux m’empêcher d’être déçue. Tu es intéressante. Tu es frêle, petite, à croire que l’on pourrait te briser en deux à mains nues. Mais tu es pleine de ressources, vive, joyeuse, empathique aussi ! Tu as amené un souffle d’espoir dans notre petit village un peu triste. Oui vraiment, tu vas me manquer. A nous tous.

Ma gorge se serra légèrement et l’envie de laisser perler quelques larmes était bien forte, mais je résistai. Ça n’empêchait que ma tristesse était présente et se ressentait sur ma personne. Noriah me colla contre elle.

-Allons patrouiller une dernière fois, tu veux bien ?

Je ramassai mes affaires, jetant un coup d’œil à la carte que la chamane m’avait offerte de Draenor. Je devais partir à l’ouest pour atteindre Talador au bout de quelques jours de marche. Je n’oubliai pas de remercier tous les Parias, de cajoler les enfants qui auraient bien voulu m’empêcher de hisser les voiles. Gortak n’étant pas à sa forge et ne l’ayant vu nulle part ailleurs, je déposai une bourse remplie de joyaux en tout genre.
Alors que tous ces gens me saluaient, le désir de retourner en arrière fut plus fort que jamais. Mais ce n’était pas raisonnable.
Je lançai ma monture au trot et suivis les pas de Noriah.

Nous avions voyagé une bonne partie de la journée, mais la discrétion requise nous avait ralenties. En plus, je m’extasiais sur la moindre chose un peu intrigante. Nous n’étions plus loin de Talador au moins…les forces de l’Alliance étant proches, nous nous sommes installées dans un creux un peu plus au sud, à l’abri sous les arbres luxuriants. Noriah installa le campement tandis que je partais à la chasse.
Ce fut malheureusement frugal, et j’enfournai des lapins maigrichons dans un sac en toile de jute. Je voulus alors m’éloigner et j’arrivai non loin d’un marécage qui était…beau. Je me rappelais assez d’Âprefange et du Marais des Chagrins, lugubres, aux arbres desséchés, tandis que là…De larges saules déployaient un feuillage lunaire donc la lueur me permettait aisément de me guider. L’eau faisait plus penser à un voile translucide. Même la boue était teintée d’une couleur brun pâle un peu lumineuse. Dans le détour d’un ruisseau paisible, je patientai pour finalement pêcher un poisson à la chair généreuse. Cela suffirait et je pivotai mes talons pour retourner au camp.
Noriah m’accueillit avec un enthousiasme non feint et elle s’occupa de vider le poisson et de l’embrocher tandis que je dépeçai les lapins. La viande fut coupée en cubes grossiers et placés dans une petite bouilloire remplie d’eau légèrement salée.

-Regardons un peu la carte pour la suite, en attendant que ce soit prêt.

Je dépliai le parchemin tandis que Noriah passait un doigt dessus, s’arrêtant à certains endroits.

-Je peux te dire que tu passeras non loin d’un village Draeneï – Elle montre Arunna - et le fort se trouve un peu plus haut. C’est tout ce que je sais, malheureusement. Je n’ai jamais eu l’occasion de sortir de la Vallée, il faut dire.

Le reste de la soirée se constitua de discussions sur Draenor, ainsi que sur mes propres origines, autour de notre repas pas exceptionnel mais réconfortant. Il était facile de parler avec cette Orque douce, dont le regard tourné vers les étoiles lui donnait une sagesse presque déconcertante. Elle était un poil plus jeune que moi. Je ne vis pas le temps passer et je m’exclamai avec intérêt de tout ce qu’elle disait. Jusqu’au moment de dormir. Nous nous enroulâmes dans notre fourrure respective puis nous collâmes l’une contre l’autre. Les nuits étaient quand même assez fraiches.

-Capturez-les.

Endormies, nous ne réalisions pas une seconde ce qui se tramait dehors. Quatre ombres s’étalaient sur notre tente, se coulant dans le plus grand silence telles des serpents. Ils frappèrent.
Je me réveillai brutalement au contact d’une main qui enserrait ma bouche, couverte d’un liquide au parfum lourd, entêtant. Mes coups de pieds instinctifs fracassèrent la main de l’un d’eux, mais je ne pouvais faire plus…Je m’écroulai mollement, sans avoir pu même penser à Noriah.
La chamane n’avait pu faire qu’un peu mieux. Elle avait réussi à sortir de la tente et prit à part un des assassins. Ses mains rougeoyaient, menaçantes, et quand la proie comprit, ce fut trop tard. Elle libéra un violent jet de feu qui le rôtit. C’est là qu’elle fut assommée, et elle contempla alors qu’elle s’évanouissait l’Orc en train de fondre, hurlant de façon inhumaine. Ses os crépitaient, ses cheveux, sa peau, tout son corps n’était plus que torche qui dévorerait le combustible jusqu’à sa disparition complète. Mais ça n’avait pas suffit…

Je finis par me réveiller. Il le fallait bien de toute façon…
Ma joue était collée contre de la pierre anthracite et froide. Je me redressai difficilement, encore engourdie par le narcotique. J’avais vu juste. Ce n’était pas Shaz’gul mais la Forteresse de l’Angoisse.
Noriah s’agitait à côté de moi. Au loin, je discernai des silhouettes floues en pleine discussion, agitées, qui finirent par rompre leur discussion via un salut respectueux de la part de l’un. Je jetai un œil autour de moi et un poids conséquent pesa sur ma cheville gauche. Des fers. Et deux grosses brutes veillaient sur nous. L’une des silhouettes lointaines se rapprocha de nous tandis que l’autre s’en allait d’un pas lourd et solide, étonnamment altier pour un Orc.
Noriah grogna, sans doute reconnaissait-t-elle un ancien camarade. Il porta son attention sur elle et son regard noir luisit sous l’éclat spectral de la lune.

-Vous le savez, aucune pitié pour ces traitres de Parias. Tuez-là.

Mes yeux s’écarquillèrent d’horreur à l’annonce fatale et je tirai sur mes chaines furieusement, lâchant une bordée de jurons sur cette ordure, avant de voir une ombre onduler dans le dos de mon amie.

-Nor…

Elle leva ses yeux bleus sur moi et j’y vis un désespoir sans fond succéder à une douleur piquante et finalement le néant. Sa gorge s’ouvrit sous la lame du poignard manié par le bourreau et son sang m’aspergea le visage. Elle tomba face contre terre.
Mes dernières paroles restèrent bloquées dans ma gorge, trop serrée, à tel point que je crus étouffer. Je ne réalisai même pas qu’on m’entrainait dans une prison, ni ce qu’on voulait faire de moi. Une fois collée contre le mur de roche glacée, je parvins à reprendre conscience et des sanglots m’étreignirent jusqu’à ce que je pleure pour de bon, terrassée par la terreur, la souffrance et la solitude qui me frappait à nouveau. Ma Noriah…
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:56    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

L'Echappée

Il était difficile de garder la notion du temps dans une cellule de pierre exiguë avec juste un peu de lumière filtrée par les briques. J’ai au début essayé de compter le nombre de nuits que j’avais vu défiler…je me suis arrêtée à 8. Après ça, je n’en ai plus eu la moindre idée.
Et je maigrissais si vite, déjà qu’il n’avait pas été facile de me remplumer ! Les repas étaient sommaires, peu nourrissants et fréquents. Le pire était l’eau, comme croupie, qu’ils me servaient. Malgré les saloperies que j’ai pu attrapé, je l’ai bu pour tenir le coup.
J’ai failli en mourir. Un autre jour, alors qu’on m’amenait ma pitance, ils me découvrirent roulée en boule dans un coin, la respiration sifflante, très faible. Ce fut là ma délivrance. Que pouvaient-ils tirer d’un cadavre en devenir ? Jamais je ne sus ce qu’ils auraient pu faire de moi…pas plus mal.
J’ai été emportée comme un sac de patates en dehors de la Forteresse, enfin je le supposais. J’étais à moitié évanouie, trop faible pour prêter attention à ce qui se passait. Mais j’ai bien senti mon corps se faire balancer sans ménagement dans l’herbe puis les pas des deux Orcs s’éloigner de moi. Sans doute les charognards me tourneraient-ils bientôt autour.
Les heures s’écoulaient dans le calme le plus total, si on excepte les cris des vautours au-dessus de moi. Le temps filant, ils devinrent plus audacieux, au point que l’un me trancha la peau de son bec pointu, me faisant une longue cicatrice saignante le long du dos. Je ne pouvais même pas voir d’où il venait, ni le chasser…
Mais un rugissement déchira l’atmosphère, et le rapace s’envola en une cacophonie de plumes et de cris rauques. Une patte pâle comme la lune glissa sur mon dos et me retournera pour me permettre de voir le ciel.

-…Que ferai-je sans toi Kei…

Mes yeux toujours fermés, mes lèvres entrouvertes, je souris non sans peine. Mes lèvres craquelées se fendirent et un filet de sang s’en échappa.
Toujours dans ce coma nébuleux, je ne réalisais qu’à moitié que Keiluna me trainait dans une zone plus protégée, au creux d’un arbre dans une tourbière. Je marmonnai des paroles incompréhensibles, complètement dans le vague. Mais ma tigresse n’en avait cure. Elle ramena un lapin plutôt gras qu’elle mangeait en petites parties, puis le régurgitait pour que je parvienne à m’en nourrir.
C’était parfaitement répugnant, mais c’est bien grâce à ça que j’ai vécu. Grâce à ça que
j’ai pu reprendre des forces. Mon esprit se faisait plus vif et clair, et dans un de ces moments je me dis que je n’avais vraiment pas de chance. Quand pourrais-je ne plus craindre pour ma survie ?

« Sans doute jamais, idiote. »

Ce fut un véritable soulagement que de pouvoir me débrouiller à nouveau par moi-même.
Je décidai d’ailleurs d’aller me laver au cours d’eau le plus proche. Mes habits soigneusement pliés dans un coin, je plongeai dans une eau glacée mais qui me purifia littéralement le corps, le lavant de toute souillure. J’avais noirci l’eau de ma saleté. Mais je ne pouvais pas trainer pour autant et je me dépêchai de sortir pour me rhabiller, méfiante. Avais-je raison ?
Dans les méandres de cette forêt aux aspects évanescents, des gémissements me fouettèrent les oreilles. Je me crispai comme Keiluna et nous avançâmes à pas de loup.
Mon sang s’en glace encore, rien que d’y penser. Dans un petit vallon, deux Draeneïs. Mais ça n’allait clairement pas. Elles se ressemblaient en tout point, sans doute des sœurs. Mais celle à la peau plus foncée dégageait une aura des plus malfaisantes et torturait l’autre avec des flammèches gangrénées.
L’incompréhension totale brisait mon cœur en même temps que la malheureuse hurlait à s’en arracher la gorge. La tortionnaire n’avait rien d’une Erédar, alors pourquoi… ?
La victime croisa mon regard. Ses yeux brillaient d’un éclat si pur, si blanc, et pourtant si ravagé. Elle tenta de lever une main vers ma direction et tout cessa. Elle s’effondra face contre terre, ses yeux grand ouverts, la lueur des étoiles qu’elle ne verrait plus s’y reflétant.
L’autre Draeneï me repéra alors, et un rictus sauvage éclaircit son visage sombre. Une flamme vola contre ma joue.

« Ce n’est pas logique, ce n’est pas logique…mais pourquoi bordel ? »

Je jurai avec violence tout en faisant volte-face pour déguerpir aussi vite que possible, le feu léchant mon corps dès qu’il passait trop près de moi. La Draeneï était plutôt lente et serait vite semée, mais une peur atroce m’étreignait le cœur. Elle n’avait rien à voir avec les affreux Man’ari de la Légion Ardente, alors pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Comme prévu, elle fut vite distancée et en revenant sur mes je pus la voir complètement désœuvrée, crachant furieusement des mots ne voulant certainement pas mon bien avant de tourner les talons. J’en tremblais et j’étais incapable de me contrôler.

Je partis à toute allure dans la direction opposée et une fois hors de la forêt, je me repérai grâce aux flèches du Temple de Karabor, au loin. A peine discernable mais c'était suffisant. Je partis dans le sens opposé.
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 09:58    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

Retrouvailles

Auparavant je m’extasiais sur la splendeur de la Vallée d’Ombrelune, mais à présent tout paraissait être un piège sournois n’attendant qu’une bêtise de ma part pour me bondir dessus. A ceci se rajoutait la crainte d’être repérée par des Orcs de Fer ou d’autres Draeneï fous. Cette dernière pensée était véritablement la pire.

-Il y aurait donc des traitres parmi les Draeneï ? Mais qui pourrait être capable de les pervertir ainsi, eux qui n’ont pas cédé en premier lieu à la Légion ? Combien sont-ils ? Ai-je une chance de rencontrer Mykiah dans ce monde ? A moins que son destin ait changé et qu’elle soit morte ? Ou pire, qu’elle fasse partie de ces cinglés… ? Putai…AÏE !

Je me retournai d’un bond pour que Keiluna me lâche le derrière, une petite larme coulant sur ma joue. Elle agita sa queue de façon moqueuse et se colla contre moi, ronronnante.

-Oui oui je sais que je parle toute seule…Mais y’a de quoi devenir fou. Tu veux bien être gentille si ça recommence ? Non ? Saleté…

Je ris joyeusement en plongeant ma main dans le corps brumeux de la tigresse, exécutant quelques caresses. J’ai toujours supposé que ça ne lui faisait pas vraiment d’effets, mais elle fit ses griffes dans le sol malléable, satisfaite et redoublant de ronronnements satisfaits. Parfois je regrettais son véritable corps chaud, son manteau d’hiver blanc strié de noir, ses yeux de glace si vifs…Des souvenirs lointains, malheureusement. Mais ce drame nous aura permis de nous rapprocher encore plus que nous ne l’étions déjà, au moins.
Je décidai de prendre une petite pause et me mit à l’abri non loin d’un village Draeneï, au cœur d’un petit bosquet enchanteur. Les insectes, les fleurs, les racines...Tout brillait. Mais même ceci ne pouvait me ragaillardir. Je n’avais plus l’envie d’avancer, à ressasser ces pensées si joyeuses alors que j’étais en ce moment dans une mouise assez magistrale.
C’était l’un de ces moments douloureux où tout semble vous prendre d’assaut à la gorge. Azeroth me manquait. Je l’ai ratissé encore et encore, pour découvrir les plus curieux des secrets. Je l’ai tant ratissé que j’ai tissé des liens éternels à travers mes rencontres positives comme négatives. Tous ces gens qui faisaient que je me sentais vivante, aimée, et que j’aimais tout autant en retour…Ils n’étaient plus là. Et sur Draenor, l’unique personne à laquelle je me suis attachée a été abattue comme un animal. J’eus le réflexe de sortir une flèche de mon sac. Elle était rouillée, tâchée de brun, et si vieille…je m’entaillai sans pitié la peau des bras pour ne plus penser à l’expression résignée et en même temps pleine de terreur de Noriah alors qu’elle allait mourir sans pouvoir se défendre, sans que je puisse faire quelque chose. J’étais attachée, maitrisée par ces ordures d’Orcs, et pourtant j’aurais voulu trancher cette maudite corde, éventrer ces enfoirés et fuir loin avec la chamane. Mais je n’avais pas pu. Et elle était morte. Alors que je pensais qu’elle avait pu rejoindre ses ancêtres, je réalisai horrifiée que son âme avait sans doute été siphonnée ou utilisée dans l’un de ces affreux rituels du Vide…

-Non…

J’eus pourtant la stupidité de me donner un nouvel espoir en songeant à Shanora Chantesprit, qui aurait peut-être pu la sauver, la guider vers l’au-delà. Mais c’était futile. Shanora était sans doute en Draenor, je n’en doutais pas vu son caractère et son pacte, mais elle n’était pas là.

« Tu es seule. Pauvre petit chou. »

Je cédai aux larmes, une fois de plus. J’avais mal, beaucoup trop mal, seule au monde sans qui que ce soit pour partager ma souffrance. Kei léchait mes larmes, elle comprenait ma peine. Mais ça s’arrêtait à ça. Pas de paroles, d’accolades réconfortantes, de motivation. Juste une présence sans être vraiment là.
Je m’entortillai dans ma couverture de peau de loup, la tâchant de larmes salées, noyée dans ces songes trop lourds, cette solitude si oppressante. Je n’avais jamais vécu la guerre, celle où le sang est versé à outrance, celle où tout est susceptible de crever, celle où la barbarie, les pillages et les viols sont légion. J’en étais loin autrefois, et en plongeant dans la Porte des Ténèbres je suis aussi tombée dans l’univers le plus cruel qui soit. Je ne voulais pas l’admettre, que les amis pouvaient mourir, moi y compris.

-C’est…c’est si injuste…

Toute ma douleur s’échappa à travers le flot qui coulait sur mon visage pour s’effacer plus bas sur mes habits ou ma couverture. J’étais un peu moins mal, d’une certaine façon, mais je me sentais inutile, faible et naïve, ridicule. Et ma tête, non, tout mon corps baignait dans une mer de coton. J’étais lessivée, lasse. Prête à m’endormir dans l’espoir de ne jamais être réveillée.

« Mais oui, sois encore plus faible que tu ne l’es déjà ! Enfonce-toi davantage, je vais finir par croire que tu aimes ça ! Franchement, qu’est-ce qui a pu se passer dans ma tête pour que j’aie eu envie de t’ad… »

Je me relevai d’un bond pour chasser la voix, qui ne cherchait qu’à faire empirer la situation. Agitée de tremblements, je me calmai progressivement en réalisant étonnée que le ciel se voilait déjà de rouge sang et d’or lumineux. J’avais passé tout ce temps à déprimer ?
Ce choc chassa toute pensée sombre tandis que je repris mes affaires qui trainaient ça et là. Une fois solidement harnachée, je m’apprêtai à sortir du bosquet…pour faire face à un Draeneï. Je n’ai pas bougé tandis que je le détaillais en silence, la respiration coupée. Il avait une allure impressionnante dans son armure blanche, enchâssée de pierres violettes et dorées. Il tenait un solide bouclier et une masse face à lui, pour garder une distance respectable et réagir si besoin. Son visage était taillé dans l’ivoire le plus pur, mais si fermé…où avais-je pu le rencontrer, déjà ?
Il ne faisait pas un mouvement, et son regard de nacre me fit comprendre qu’il voulait juste que je parte pour éviter toute effusion de sang. L’accord se fit juste grâce à nos yeux, méfiants mais sans désir de batailler. Pourtant quelque chose m’échappait…
Je fis l’effort de passer assez proche de lui pour ne pas attiser son attention, mais mon cerveau carburait tandis que je sortis des fourrés, nos pupilles toujours braquées l’un sur l’autre.
Je m’éloignais toujours plus, et il décida alors de retourner dans son petit village. Et je compris.

-NOHKAI ! Est-ce bien toi ?
J’avais l’air d’une parfaite idiote à gueuler toute seule dans les plaines ténébreuses, en tout cas selon Kei. Mais je n’en avais cure, je suais, mon cœur battait à cent à l’heure. Et cela ne fit que s’accentuer alors qu’il se retournait vers moi, estomaqué.
Nous fîmes alors le contraire de nos actions d’avant. Nous nous rapprochâmes, très lentement, à tel point que j’en étais exaspérée. Je pus lire une fois assez proche une franche expression de stupeur éberluée, ainsi qu’un peu de peur.

-Il faut parler, vous et moi, je vous en supplie. Je ne vous ferai pas de mal, je n’y ai aucun intérêt…et vous aussi j’espère.

Son choc ne fit que s’accentuer alors que je baragouinai ces quelques mots de langue Draeneï. Si Mykiah avait su à quel point ils me seraient utiles…

-Bien.

Je posai mes petites mains sur les siennes, gantées de métal argenté et l’entraina à l’écart tranquillement pour ne pas le faire paniquer. Je ne le lâchai pas des yeux, scrutant ce visage que j’avais connu si chaleureux et bienveillant.
Je trouvai un coin situé en hauteur non loin. Sans me débarrasser de mes affaires je me laissai tomber souplement sur un large rocher pour me réceptionner habilement. Le Draeneï préféra rester droit et rigide. Sur le roc j’arrivai à le fixer droit dans les yeux, mais il me semblait quand même tellement imposant. Intimidée, je toussai pour m’éclaircir la gorge.

-Ecoutez…je ne sais pas si ce que je vais vous raconter est une bonne idée, mais c’est sans doute nécessaire pour que vous compreniez l’ampleur de la situation et le fait que je vous connaisse.

Il restait silencieux et je vis l’incrédulité se peindre sur lui alors que j’expliquai qu’un Orc et ses comparses avaient réussi à arracher cette Draenor d’une ligne temporelle à part pour la lier à la ligne dont je venais, pour ainsi réparer une erreur qui avait mené à la destruction pure et simple de la Draenor de ma ligne de temps. C’est donc ainsi que je le connaissais, à travers la ligne de temps originelle. Je crus à plusieurs reprises qu’il allait me hurler d’arrêter de débiter des sottises, mais il se contenait, bien qu’une large veine venait de se loger sur son front. Tandis que je parlai, je dus me rendre à l’évidence que même pour mes oreilles, cela semblait irréel.

-Je n’ai rien de plus à rajouter. Vous devez me croire. Tout ce que je dis est la vérité, même si c’est farfelu.

Je pris une profonde respiration sans le lâcher, mon expression digne d’un chaton battu.
Il soupira et quelque chose sembla se débloquer, révélant un être fatigué sous son masque de dureté.

-Il se passe des choses bien étranges ici. Ne vous inquiétez pas. Vos mots ne sonnent pas comme des mensonges, loin de là. En tout cas vous avez titillé ma curiosité. Comment est…mon autre moi ?

Je souris doucement et lui contai le peu que je connaissais de Nohkai, né au cœur du Génédar, s’étant entiché d’une Draeneï du nom de Mykiah durant leur exode (un sourire surpris l’illumina). Qu’il dut batailler pour conquérir son cœur une fois en Draenor, car elle voyait en cachette un Orc qu’elle aimait. Qu’il fut séparé de la jeune femme durant le génocide de leur peuple (il faut cette fois fou de rage, cela se ressentait dans son regard). Et qu’après son arrivée sur Azeroth, il s’est donné corps et âme à la Main d’Argus, à son peuple, tout en espérant revoir un jour sa bien-aimée. Ce qui s’est fait.
Ces paroles allégèrent le caractère froid du Redresseur de Torts qui ressemblait enfin un peu à son lointain alter ego. Et la discussion se fit jusque tard dans la nuit, où sa voix rocailleuse laissa place à un ton chaleureux à l’accent charmant. Alors que des nouveaux liens se formaient, le visage torturé de Noriah revint en moi. Pourvu que Nohkai ne subisse pas un sort y ressemblant…
Il se mit à parler de sa Mykiah.

-Ma Mykiah est farouche. Elle n’écoute pas les paroles sages. Elle ne suit que ses propres décisions sans se soucier des conséquences. Et surtout…elle ne voit pas à quel point je la chéris. A quel point je l’aime.

J’equissai un mouvement de panique en croyant qu’il allait pleurer.

-Tout ce que je peux faire pour la protéger, la rendre heureuse…Elle ne le voit tout simplement pas. Non, elle préfère fuguer pour aller retrouver l’Orc…le même que chez vous j’imagine. Elle en est folle. Elle en parle si souvent, l’embellissant avec mille qualités qui viennent de nulle part. La jalousie me dévore à tel point, je n’arrive pas à lui souhaiter d’être heureuse avec lui. Mine de rien elle a fait plusieurs allers-retours jusqu’en Givrefeu ! Elle est pleine de passion, je devrais la bénir. Mais j’en suis incapable. Et si honteux…

Il trembla légèrement et je posai une main de réconfort sur son large bras. J’étais profondément navrée pour ce Draeneï lié par un amour impossible, tout comme moi je le fus.
Il changea soudainement de sujet, son visage se figeant à nouveau dans la pierre la plus froide.

-Alors comme ça vous devez rejoindre les vôtres à Talador ? Je peux vous accompagner jusqu’à la frontière d’Ombrelune. Vous comprenez, je suis assigné à la protection de mon village.

Je savais que je ne devais pas en rajouter, mais pourtant je fus un peu choquée du changement et j’approuvai tristement.

-Ce n’est pas un problème, chuchotai-je avec douceur. Il vaut mieux attendre le matin par contre, non ?

-Pas nécessairement. Je connais ces routes comme ma poche et j’ai de quoi nous éclairer, aucune inquiétude à avoir.

Il fit volte-face pour regarder la Vallée, sans doute pour pleurer en silence et discrètement aussi. Je me mis à l’observer sans vergogne. Malgré la particularité de cette race, je ne pouvais nier qu’il avait un charme fou. Très grand, une chevelure dorée comme du miel tombant le long ses larges épaules bien dessinés. Il était musclé, et cela se ressentait davantage dans son armure polie et lustrée. Quelle allure il avait…Et son caractère était un mélange de noblesse mêlée à la fougue des jeunes âges ainsi que d’une sensibilité à fleur de peau. Mykiah ne savait pas ce qu’elle ratait…mais je ne pouvais m’empêcher d’être curieuse vis-à-vis de la Némésis de Nohkai, cet Orc. J’irai à sa recherche dès que je le pourrai.

Une fois qu’il s’était repris, nous partîmes en direction de Talador, suivant les chemins pavés à la lueur de ses cristaux. C’était beau. Le trajet fut bien morne car il ne voulait plus parler. C’était si compréhensible.

Je finis par me débarrasser de ces questions en espérant que je puisse enfin atteindre cette nouvelle région…
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 10:49    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

Flammes

-Ouh !

Le déluge de couleurs et de lumière me fit plisser les yeux alors que nous arrivions à l’orée de Talador. J’avais pris l’habitude des ténèbres d’Ombrelune il faut dire. Nohkai marchait d’un pas lourd et puissant.

-Il suffit de suivre la longue route qui serpente à travers la plaine, je pense que vous y trouvez à un moment ou un autre le fort de votre ami. Mais par contre…Faites attention. Les derniers échos laissent entendre que le Conseil des Ombres est en train de saccager l’endroit, dont Shattrath.

Son visage se referma et j’eus soudain une illumination sur un sujet que j’avais oublié.

-Nohkai ? Je suppose que vous êtes au courant qu’il y des Draeneïs…euh fous ? Je ne sais pas comment le dire, mais avant notre rencontre j’ai vu une Draeneï en torturer une autre avec des pouvoirs étranges…Ce n ‘était pas habituel quoi. Et elle m’a poursuivi quand elle m’a vue.

Il soupira. Un brasier semblait brûler dans son regard, un éclat de colère sans nom.

-Oui oui je sais très bien…Ce sont des Sargereï. Ce nom…Enfin, ce sont des traitres qui se sont laissés berner par les promesses de pouvoir de la Légion. Ce n’est pas si étonnant, après tout si nous avons cédé une première fois une deuxième est toujours possible. Ils sont dangereux, j’ai entendu qu’il y avait eu plusieurs problèmes à cause d’eux par chez nous. Donc Anëlielle, à moins d’être certaine de pouvoir faire lutte égale, fuyez.

J’acquiesçai en silence tout en contrôlant mes affaires. Nourriture, eau, cartes des différentes régions, de quoi faire des premiers secours, des babioles diverses qui seraient peut-être utiles. Tout devrait bien se passer, j’espère.

-La Lumière vous guide Elfe de Sang. Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Et si jamais vous rencontrez Mykiah, dites-lui que je m’inquiète pour elle.

-Aucun problème Nohkai. Tout de bon.

Il m’écrasa légèrement contre son large torse couvert de son armure. Un doux sourire un peu triste glissé sur ses lèvres. Et il se détourna de moi, repartant en direction des ténèbres.
Je restai quelques instants à bêtement fixer sa silhouette qui s’éloignait avant de reporter mon attention sur la carte de Talador. Hormis les points d’eau et Aruuna, village Draeneï calé contre les montagnes il n’y avait rien de notable. En continuant vers le nord je tomberai sans doute sur le fort de la Horde.
Je glissai la carte dans une poche et m’élançai en avant.

La région était proche d’Ombrelune malgré une flore et une luminosité différente. La présence Draenique était plutôt forte de par les multiples petits ponts construits au-dessus des ruisseaux, les sentiers joliment pavés et les lampadaires à cristaux diffusant de douces lueurs. Les chaudes couleurs de l’automne semblaient revigorer mon corps et mon esprit à elles toutes seules. C’était bien plus réconfortant que la Vallée d’Ombrelune, toujours sombre malgré une profonde beauté mystique. Je traversai les coins d’eau trop profonds à la nage, passant non loin d’une ile sur laquelle je ne m’attardai pas. Je me logeai dans un creux discret pour ôter mes vêtements et les sécher au soleil, ce qui fut rapide. Mais alors que j’attendais, un hurlement déchiré me parvint.
Nue comme un ver, je ne pus que m’emparer de mon arc, prête à combattre pour finalement voir une silhouette débouler sur moi. Un corps enflammé, dégageant une odeur écœurante qui plongea dans l’eau et ne bougea plus. Choquée, il me fallut quelques instants pour réagir et tirer la personne sur la terre ferme et la tourner vers moi.
C’était une Draeneï, jeune. Tout comme moi elle était presque nue, ses habits dévorés par les flammes comme du papier. Et si ce n’était que ça…Mais non, je ne voyais plus un seul centimètre de peau bleue, juste du noir cendré, des cloques énormes tout le long de son corps. Il ne restait que quelques mèches misérables de cheveux sur son crâne. L’un de ses yeux sécrétait une substance un peu jaunâtre, poisseuse. Son iris encore valide s’agitait dans son orbite, affolé, s’accrochant à ses derniers instants, s’accrochant à moi Elle tenta de lever une main vers moi mais quelques doigts s’en détachèrent et tombèrent dans l’herbe, charbonneux. J’allais vomir, j’allais vomir…
Elle n’eut même pas l’occasion de dire un dernier mot et son dernier souffle se transforma en un râle sec. Elle relâcha son bras et je bondis en arrière pour libérer mes tripes. Titubante, je m’habillai aussi vite que possible et partis vers la direction d’où était venue la malheureuse, que je ne pus regarder à nouveau sous peine de vraiment tourner de l’œil.
Aruuna n’était plus. Le village brûlait, crépitait, et d’autres corps rejoignaient l’au-delà. La fumée qui s’en dégageait montait si haut dans le ciel…était-ce l’œuvre de la Horde de Fer ?
Un cri écorché ressemblant à celui d’un oiseau retentit dans les cieux et j’eus le bon sens de reculer d’un bond et de lever la tête.
Je faisais face à une sorte de créature aviaire à la silhouette vaguement humaine. Il se posa au sol et je pus constater qu’en effet il était monté sur deux jambes écartées, solides. Tout son corps était enveloppé d’un plumage chatoyant qui attirait l’œil comme un phare. La tête était celle d’un rapace, avec ses yeux acérés et féroces et son large bec tranchant. Il esquissa un sourire arrogant et marmonna des paroles à vive allure. Une lumière particulièrement violente jaillit de ses mains et m’éblouit. Je voulus reculer, les mains posées sur mes yeux fragiles et ne vis pas une serre voler sur moi en faucheuse implacable. Le ventre.
Je m’effondrai au sol en hurlant de douleur, plongée dans l’ombre de la créature qui visiblement se plaisait à me regarder au sol, tortillante. Il ne fera rien de plus. Sur le côté une autre ombre s’interposa et une hache taillada avec facilité la chair et les plumes de mon agresseur. Il hurla de surprise et chuta à côté de moi. Mes yeux se brouillèrent définitivement à ce moment.
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2015 - 10:50    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

La Fierté de Vol'jin

Une fois de plus, j’avais frôlé la mort, une fois de plus j’avais survécu de justesse. Et une fois de plus on m’avait aidé. Frustrant au possible. Je refusais de détacher mon regard du plafond de bois et de métal. Au moins j’étais arrivée à destination. La Fierté de Vol’jin.
Je tâtai mon ventre soigneusement bandé. Un travail propre et efficace. L’odeur suggérait aussi que les bandages avaient du être macérés dans un mélange d’herbes et d’eau. Ce fumet me disait quelque chose, je l’avais déjà senti à un moment assez important.
Juste à côté ma Kei dormait paresseusement. Elle venait, partait, explorant le monde d’elle-même sans avoir à craindre la mort. Mais elle revenait toujours à moi…
Mais oui ! C’était à ce moment-là ! Je me levai d’un saut et manquai de partir la tête en avant mais je sortis précipitamment de la pièce. Mais celle que je cherchais avait fait de même et nous nous heurtâmes violemment.

-Ouch…Sha…Shanora !

Encore la tête dans les chous, j’enlaçai une Orque à la solide peau brune, un poil plus grande que moi qui leva les sourcils puis sourit doucement, ses yeux bleus rassurés.

-Fais donc attention, idiote.

Bien évidemment que ces odeurs ne pouvaient être que le fruit de la chamane, j’aurais du y penser plus tôt. Je finis par la lâcher et mon visage pâle reprit de vagues couleurs. Je l’entrainai à part et m’installai à une table avec elle, sous le regard intrigué d’une troupe d’Elfes de Sang portant un tabard bien distinct. La Maison noble Celwë Belore.

-J’aurais du m’en douter que tu serais en Draenor, c’est ta terre d’origine après tout. Comment tu vas Shan ? Qu’as-tu fait depuis notre arrivée ?

-Je suis venue avec Lyssi. Nous avons rencontré Rikhtar qui avait était séparé de toi lors de la fuite. Nous avons échoué aux Crêtes de Givrefeu. Si tu savais comme cette terre est belle, sauvage, les éléments si vifs et redoutables. C’est là que j’aurais du naitre…Hum, je m’égare. Je crois que Rik est resté sur place, moi et Lyssi sommes parties pour finalement atterrir ici. Il y a du travail comme tu as pu voir…fichus Arrakos.

-La sorte d’oiseau qui m’a attaquée ?

-Tout à fait. Ils viennent du sud, les Flèches d’Arak je crois. Ces arrogants volatiles veulent anéantir toute chose opposée à leurs intérêts et leur obsession pour leur Déesse. Une sorte de faucon gigantesque qui vole au-dessus des flèches à ce qu’il paraît. Ils sont dangereux franchement.

La discussion continua jusqu’à ce que je prenne poliment congé de la chamane. Derrière elle, un Elfe s’agitait, cherchant à capter mon attention. De légères cernes sous ses yeux, sa chemise usée et un simple pantalon de cuir ocre délavé montraient qu’il avait connu des jours meilleurs mais il avait quand même de l’allure, et me sourit alors que je m’approchais.

-Tu es coriace ! Cela ne dérange pas si je te tutoie, juste ?

-Aucun souci, murmurai-je.

A côté du Paladin se tenait à mon grand étonnement une Draeneï. Elle semblait plutôt jeune, vive, mignonne comme tout. Je la vis se rapprocher légèrement du Sin’dorei, effleurant même sa main, ses yeux me mettant au défi. Je ne pus retenir un sourire attendri et un peu moqueur.

-Tu t’appelles comment ? baragouinai-je à la petite en langue Draenique.

Ses sourcils se levèrent et elle sembla se radoucir un peu.

-Onshiia !

-C’est un plaisir de te rencontrer, j’imagine que tu as du aider Regalias à me sauver, juste ?

Ses yeux nacrés s’agrandirent légèrement et elle se pinça les lèvres, ses joues ayant pris une teinte plus bleue. Elle rougiss…bleuissait plutôt. Elle semblait vraiment gênée et s’agitait au bras de Regalias qui éclata d’un rire franc.

-Oh oui elle m’a aidé, c’est même elle qui t’a trouvée ! Mais sa technique de réanimation n’a pas été très fructueuse. Enfin, je n’embêterai pas plus !

Je laissai la petite Draeneï s’éloigner et observer les choses avec curiosité pour parler des Sargereï. Regalias resta de longues minutes silencieux, interloqué.

-Ce n’est pas une information à prendre à la légère. Je n’aurais jamais cru ça…Enfin. Je transmettrai à la Maison, aucune inquiétude à avoir. Je vais te laisser, juste un petit instant.

J’acquiesçai et d’un œil distrait j’observais Shanora qui s’occupait des peaux de bête non loin de là, grattant soigneusement le cuir avec un couteau pour en enlever les impuretés. A ses pieds paressait une belle louve blanche, vraiment imposante, débarrassée de sa cuirasse. Je m’avançai vers la bête et tendit une main avenante, qu’elle renifla puis humidifia d’un large coup de langue. Je souris en plongeant ma main dans sa fourrure soyeuse tandis qu’elle me regardait à yeux mi-clos. Elle aurait pu ronronner si elle avait été un chat.

-Il me semble qu’elle n’avait pas de nom les premières fois qu’on s’est rencontrées, non ? dis-je tout en jouant avec la louve, lui faisant mordre mon poing serré.

-Non en effet…je trouve qu’Okana lui irait bien. Tu en penses quoi ?

-Comme ta…

-Oui. Comme ma défunte sœur.

Etant accroupie je posai une main sur le haut de sa jambe, la secouant légèrement, tentant de sourire. Elle ne me lâchait pas du regard, les yeux brillant de tristesse et de colère. Elle ouvrit la bouche.

-Heeeeeeeey ! Bonjour Anëlielle, comment tu vas ?

Un sursaut cassa l’instant très ému et je levai mes sourcils en voyant débouler une autre Sin’dorei. Blonde, les cheveux toujours noués en queue-de-cheval. Toujours vêtue de sa tenue de grunt Orc un peu trop large pour son corps fin. Le tabard d’Orgrimmar lui enveloppait le torse qu’elle bombait avec fierté, et je notai qu’elle était couverte de tâches de sang.

-Ce n’était vraiment pas le moment Lyssi…grognai-je.

-En effet, je parlais de l’assassin de ma sœur, rajouta Shanora d’une voix sourde, colérique.

La joie de Lyssi flétrit comme une fleur mourante et elle cajola la Loup-de-Givre.

-Ce jour maudit…Oh je m’en rappelais toute ma vie. Déjà parce que ce ou cette Worgen était d’une sauvagerie inimaginable, il avait déjà fait d’autres victimes qu’on avait vu, leurs corps ne ressemblaient plus à rien. Ensuite…Bah je m’étais pissée dessus tellement j’étais paniquée lorsqu’il a plongé ses griffes dans mon bide. Tu sais qu’à cause de lui – ou elle ! – je ne pourrai jamais porter un bébé ?

Lyssi parlait d’un ton incroyablement désinvolte et je-m’en-foutiste, comme elle aurait pu raconter du beau temps. J’étais médusée.

-M’enfin ! C’est Okana qui m’a sauvée, aussi belle et farouche que sa sœur jumelle, fit-elle en tapotant les bras solides de l’Orque. Elle m’a sauvée au péril de sa propre vie. Mais je n’ai plus peur à présent. Je me pisserai plus dessus. Et je vais détruire ce monstre jusqu’à son dernier poil.

-Il faudrait déjà le retrouver, vociféra Shanora d’une voix qu’elle tentait de contrôler. J’espère qu’il se trouve ici. Oh oui. Ma souffrance ne sera rien face à ce que je lui ferai subir. Et quand il aura trépassé, ses dieux ne voudront pas de lui. Il n’y aura que le malheur, pour l’éternité. Je le jure.

Un silence très lourd plana après cette déclaration.

-Mais tout ça pour dire qu’Okana est un nom parfait pour ta louve Shan ! piailla Lyssi en sautillant, tentant de la chatouiller.

-Tu es une incorrigible peste toi ! Mais en même temps je t’aime pour ça, hein ?

La tristesse disparut comme des bulles de savon qui éclatent tandis qu’elles riaient, leur chaleur m’atteignant aussi. C’est bon de ne plus se sentir seule.
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MessagePosté le: Mar 17 Fév 2015 - 11:22    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

(Hahaha ! Malheureusement à ce moment là de la fierté de Vol'Jin je n'avais toujours pas de nouvelle armure x) C'est plus tard que je récupère une armure Rochenoire Wink A ce moment là j'étais vêtu d'une chemise, un marteau en sale état et une petite targe de bois. Quant à mes pantalons c'était du cuir brun... Léger quoi pour un paladin habitué aux lourdes armures Smile )

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MessagePosté le: Ven 20 Fév 2015 - 12:00    Sujet du message: (Récit) Escapades d'une Argentée en Draenor Répondre en citant

Haw, va falloir que j'apporte quelques modifs alors Surprised
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